[Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière

Iris
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[Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière

par Iris » 12 avr. 2016, 22:37

Un printemps froid au nord-est de l’Arolavie, près de la frontière lotharingienne, au milieu de l’épaisse forêt de Lyasnija.

Il pleut sur Fort Ditelni, un camp entouré de palissades en bois où stationne un petit contingent de la légion lunaire. Tandis que la guerre fait rage sur la mer Ustalvia, ici, on se contente de s’assurer que personne ne cherche à profiter de la situation, en particulier les barbares des chefferies nordiques, les seigneurs de Lotharingie et les bandes de brigands. Les uns et les autres sont connus pour des raids, pillages et capture d’esclaves.

En matière d’esclavage, personne n’est tout à fait innocent : l’Arolavie elle-même ramena autrefois des prisonniers de guerre pour en faire des esclaves ; aujourd’hui les agressions proviennent surtout du nord. Les esclaves servent dans les mines, dans les champs ou dans les maisons. Certains perdent leur liberté du fait des conflits, d’autres pour cause de dettes, d’autres encore furent capturés par des pirates ou brigands et vendus loin de chez eux, là où personne ne se soucierait de leurs droits.

La garde lunaire a pour charge de protéger les populations d’Arolavie contre ces incursions et leur permettre de mener une existence rude mais sûre. D’autres périls proviennent parfois des terres sauvages où sévissent des monstres parfois jaillis d’anciennes ruines… d'autant que les régions nord et est de l'Arolavie n'ont pour ainsi dire pas été cartographiée. On y trouve les vestiges de la civilisation boréale dont on sait peu de choses, si ce n'est que leur ère s'est achevée sans doute par la faute de la déesse Givreuse.

Le bâti du camp compte une auberge-relais, une forge, un magasin général, une caserne et une écurie. Les lieux sons sous la direction du capitaine Galaktion, un guerrier boiteux, flanqué d’une brute d’aide de camp, le colosse Voukol, terreur des nouveaux venus. Il se fait un plaisir de leur expliquer très rapidement qu'il n'hésite pas à utiliser des châtiments corporels tels que le fouet pour garantir l'ordre. Quant à la fourche patibulaire installée à l'entrée du camp, elle est là aussi bien pour les brigands que pour les mauvais éléments.

Le seul luxe ici est le sauna, et le seul loisir consiste à traîner dans la salle commune de l’auberge, à boire sa solde ou à la jouer. La veuve tenancière, Nana, femme plantureuse et souriante d’une quarantaine d’année s’occupe de l’essentiel avec deux de ses fils, Dari et Vlass ; le troisième travaillant comme marchand itinérant.

...

Le nouveau contingent de gardes lunaires arriva il y a tout juste quelques jours. On leur confia les manteaux gris et broches à motif de croissant de lune permettant de les identifier. Les chambrées étaient par cinq, nombre habituel de membres d'une manicle. Voukol désigna ceux qu'il estimait les plus à même de prendre des responsabilités : Czepble Pahszki et Ludmilla. Il les laissa former leur groupe :
  • Ludmilla (chef de manicle), guerrière (style à 2 armes) ; Jasna, guerrière (style protecteur) ; Tauron le druide
  • Czepble (chef de manicle), roublard ; Aleksandr Novgarad le magicien ; Levko, roublard
Voukol eut un reniflement dédaigneux en voyant les groupes qui se formaient, l'air de penser "On verra bien". Il n'était manifestement guère attaché aux nouveaux-venus et leur signala à tout hasard que la plupart des nouveaux gardes mourraient dans les trois premières années de leur service, généralement "parce qu'ils faisaient des conneries".

Voukol s'assura qu'ils auraient bien chacun un cheval. Il pesta en découvrant que certains tenaient à peine dessus, mais estima qu'ils finiraient bien par apprendre, quitte à tomber plusieurs fois pour remonter sur leur bourrique.



Les équidés s'avérèrent particulièrement rétifs envers Czepble Pahszki, Jasna et Ludmilla qui galérèrent copieusement à chaque étape, peinant à se faire obéir du canasson, à moins que leurs tentatives pour l'intimider ne fît qu'éveiller ses velléités de rébellion ? ... ou bien peut-être que Voukol leur avait attribué délibérément les pires ? ... En tous cas il se marrait bien à les mater : "Z'êtes trop jolis, les canassons peuvent pas croire que v'z'êtes de la lunaire : après quelques gnons, ça ira d'suite mieux !"

L'épisode humoristique (du point de vue de Voukol) fut coupé par un messager arrivant au camp avec une nouvelle urgente pour le capitaine. Peu après il fit rassembler les gardes expérimentés, refusant que les bleus les accompagnassent. Les nouveaux furent tenus à l'écart de ce qui se passait mais purent sans peine voir que l'essentiel du contingent partait pour une destination au sud.

Ils seraient le seul personnel du fort, avec Voukol et le Capitaine pour les jours à venir.

Le Capitaine semblait estimer imprudent de faire des patrouilles intensives avec des troupes qui n'avaient pas encore appris à manoeuvrer ensemble et il cantonna les nouveaux dans le fort, avec des exercices quotidien, dirigés par Voukol et son crâne rasé et ses blagues vaseuses auxquelles il ne valait mieux pas réagir.

Trois jours que les "vrais" gardes étaient partis.

Il pleuvait et la plupart tuaient le temps dans la salle commune de l'auberge.
Dernière modification par Iris le 17 avr. 2016, 08:47, modifié 1 fois.
Si je ne suis pas là, vous pouvez me trouver ici ou ou par MP.

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Casaïr
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Casaïr » 12 avr. 2016, 23:40

Ludmilla n'était pas là depuis une semaine qu'elle menaçait déjà de prendre en grippe le dénommé Voukol. D'accord, monter à cheval ne faisait pas exactement partie de ses talents, mais on ne peut pas dire non plus qu'elle ait jamais eu beaucoup le temps d'apprendre l'équitation !

Sa longue natte tombant presque jusqu'au creux de ses reins se balançait entre ses épaules au rythme de sa bougonnerie alors qu'elle passait le plus clair de ces trois derniers jours à s'entrainer, tentant d'apprivoiser ses armes ainsi que son nouveau milieu. L'un dans l'autre, ce ne pouvait pas être pire que sa vie d'avant, et c'est avec un sourire assez déconcertant qu'elle collectionnait les bleus lors de parades ou de mouvements mal calculés lancés de l'une ou l'autre de ses deux lames.

Avant que les vétérans ne partent, elle avait senti quelques regards sur elle et, à bien y réfléchir, elle n'avait pas vraiment vu beaucoup de femmes dans les parages, hormis Nana à l'auberge, qui plut immédiatement à la jeune guerrière, sans doute à cause de son sourire communicatif. Par contre, elle se serait volontiers passée des yeux qui la reluquaient comme si ses vêtements n'existaient pas.

Ludmilla n'était pas vraiment consciente de ses "atouts". Ses parents lui disaient -évidemment- qu'elle était jolie mais papa et maman restaient papa et maman ! Niveau objectivité, elle pouvait donc se permettre d'avoir des doutes. Toutefois, ses yeux gris et ses longs cheveux roux ne manquaient pas d'interloquer, tout comme son teint clair parsemé de tâches de rousseur. Et comme elle était plutôt grande, on ne pouvait vraiment pas la rater. Mais même si elle souriait naïvement presque sans s'arrêter depuis son arrivée, l'ardeur qu'elle mettait à frapper les mannequins d'entrainement ne donnait pas forcément envie de l'approcher dans ces moments...

Aujourd'hui, elle aurait voulu s'entrainer plus longuement, mais la pluie gênait ses mouvements tout en diminuant son acuité visuelle. C'est en chassant d'un souffle une mèche de cheveux rebelle qu'elle rengaina ses armes avant de rentrer dans l'auberge, se mettre au chaud et manger un petit quelque chose.
Dernière modification par Casaïr le 13 avr. 2016, 00:08, modifié 1 fois.
Ludmilla
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Blessures : 0 | Fatigue : 0

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Aeghiss
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Aeghiss » 13 avr. 2016, 00:01

La porte s'ouvre en grinçant. Les gonds n'ont probablement pas été huilés depuis longtemps, tsss.
J'entre, et m'ébroue comme un chien mouillé. Il faut dire qu'il n'y a sans doute pas grande différence en termes d'humidité et de prestance... Temps de merde.

"Holà, tenancière, sers-moi une bière, tu seras bien aimable."

Je note la présence de l'autre chef de manicle, traverse la salle pour m'installer à une table près du feu, le dos au mur et les yeux cernant toute la salle. Si cette pluie ne cesse pas durant les prochains jours, je vais finir par réellement trouver le temps long...

Alors que l'ainé des fils m'apporte une bière, je le remercie, bois une gorgée, puis sors mon arbalète et commence à l'inspecter. J'espère que la pluie ne l'abimera pas...
Dernière modification par Aeghiss le 13 avr. 2016, 13:34, modifié 4 fois.
[ L'aigle d'Arolavie ]Wulfstan Eisenbrand — Chasseur nain (lvl 4).
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grayfoxliquid
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par grayfoxliquid » 13 avr. 2016, 00:02

Czep ne supportait pas Voukol. Il ne supportait pas son arrogance, ses manières, ses insultes... Il était certain que cet abruti leur a refourgué les pires chevaux qu'il a pu trouver. Comment sinon serait-ce possible que les deux chefs de groupe échouent à une épreuve si facile ?
Chaque jour qui passait était une nouvelle épreuve à sa patience. À chaque fois qu'il voyait ce tas de muscles idiot il s'imaginait lui planter l'une de ses dagues dans le cou. Trancher cette tour épaisse qui ne servait qu'à supporter un énorme cruchon vide qui déblatérai des stupidités comme il n'aurai jamais pu se l'imaginer.
Il se jura que, le jour venu, il lui fera bouffer cette fange dans laquelle il se trouve. Qu'il se délectera de sentir le sang chaud couler le long de ses courtes lames courbées. Et il le fera avec le même sourire qu'il montre déjà chaque jour, ce sourire qu'il a appris à maîtriser lors de sa formation de roublard et qui lui sert chaque jour depuis.

En plus ces habits qu'ils avaient reçus n'étaient absolument pas pratiques pour monter à cheval, ni même faire quoi que ce soit d'autre correctement. Ces couleurs étaient hideuses et le tissu médiocre, on ne pouvait même pas y coudre des compartiments cachés pour les moments de nécessité. Il repensait à ses habits sombres de roublard qui étaient bien pliés dans ses affaires personnelles. Il se disait qu'ils allaient lui être utiles, peut-être même qu'un tisserand habile pourrait les combiner d'une sorte ou d'une autre avec les habits standards de la légion, pour qu'ils deviennent au moins pratiques, à défaut d'être beaux.
En repensant à son passé de roublard il repensait aussi à sa sœur, ce qui calma ses esprits. Enfin il avait trouvé un véritable espoir pour la revoir. Par le moyen de la légion il pourra probablement retrouver une trace d'elle…

En attendant, Czep jouait régulièrement aux dés avec les autres dans la salle commune, durant leurs quelques moments de détente. Il écoutait plus à leurs discussions qu'il n'y prenait part. Il en profitait pour observer régulièrement Aleksandr de près et méprisait profondément les moqueries que les autres lui adressaient, que ce soit devant lui ou dans son dos, mais il ne pouvait pas prendre sa défense comme il l'aurait souhaité. S'il le faisait, le sort d'Aleksandr n'en serait que pire, les autres pensant qu'en plus d'être laid il serait incapable de se défendre tout seul.
Certes, Aleksandr était laid, même hideux, mais Czep avait déjà appris depuis longtemps que l'extérieur d'une personne ne reflétait que rarement l'intérieur et ce crétin de Voukol en était un excellent exemple. La pensée le fit rire doucement et il ne pouvait s'empêcher de penser "Hah ! J'en suis moi-même un parfait exemple". Il était certain que cet être bizarre cachait un énorme potentiel… et il comptait bien faire son possible pour l'avoir de son côté.
Dernière modification par grayfoxliquid le 13 avr. 2016, 09:58, modifié 3 fois.
Czepble Pahszki (ou Czep), humain roublard niveau 1, 3/7 PV

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Atorgael
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Atorgael » 13 avr. 2016, 00:06

Levko suivait les ordres et les exercices sans se plaindre. Après tout, il était là de son propre chef.
Garde lunaire !
Dire que de recevoir son insigne l'avait laissé insensible aurait été faux. Bien sur il n'en avait rien montré à ses camarades à aucun moment.
Une drôle d'équipe d'ailleurs, Czepble le chef de leur manicle avait l'air compétent, il lui restait à faire ses preuves. Quant à Aleksandr le magicien difforme, Levko ne savait pas quoi en penser.
Qu'est ce qu'un magicien venait faire dans la garde ? Il devait surement y avoir une bonne raison que Levko se ferait fort de découvrir.

Toute la manicle était traitée à même enseigne : exercices, brimades, pluie glacée et boue grasse pour tout le monde.
Heureusement, la bière était bonne.
Levko en dégustait une chopine au fond de la salle dans le coin le moins éclairé, histoire d'avoir tout le monde à l’œil.

Trop de nouveaux visages en trop peu de temps, Levko se sentait mal à l'aise parfois. Vivement que les patrouilles commencent.
Levko - Roublard 4
DV:4d8 - PV Max 31
Rapière +5 - 1d8+3 perforant ; finesse
Arc court +5 - 1d6+3 perforant
Bonus maitrise : +2
Atq sournoises : 2 +2d6
Roublardise
Archétype : Sicaire

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Lucasdlk
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Lucasdlk » 13 avr. 2016, 00:11

Alors c'était ÇA, la vie en "société"...
Évidemment que Tauron savait qu'il allait devoir coopérer avec des gens de tout horizon, mais la... C'était l'armée la moins discipliné qu'il ai jamais vu. Et quelle violence... Quelle barbarie.. Cela le choquait au plus au point. Surtout Voukol.
Décidément, les préceptes de son ordre sont bien plus facile a appliquer isolé dans une forêt.

Par chance, la légion avait autorisé son chien. Ca lui ferait au moins quelqu'un avec qui parler. Et puis c'est pas dans cette fortification qu'il aillait trouver quoique ce soit de vivant, hormis les chevaux. Peut-être quelques souris en cherchant bien..

Il passa le reste de sa soirée dans l'écurie a parler au chevaux. Ils n'arrêtaient pas de se plaindre d'ailleurs. Les châtiment que Voukol leurs faisait subir, le poids des soldats et les anecdote de ceux qui avait vu leur cavalier mourir. Tauron n'était pas habitué a des conversation pareil.. Et quel cynisme.. Ca ne lui avait pas fait le bien escompté, et son moral ne faisait que baisser.
Ensuite il alla s'asseoir a une table seul pour manger son repas, et il laissa quelques bout de cet infâme ragoût a Celeb :
- "Mange bien mon ami. Je sent qu'on avoir besoin de toute notre force içi.."
"Physique ET mentale.." pensa-t-il.
Dernière modification par Lucasdlk le 13 avr. 2016, 17:03, modifié 3 fois.

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Etmer_Fachronies
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Etmer_Fachronies » 13 avr. 2016, 01:03

Assis seul à une table de l’auberge, Yardan dégustait son plat froid accompagné d’un verre d’eau. La tenancière, Nana s’il avait bien saisi son nom, avait bien insisté pour lui vendre une des dizaines d’ales frelatés qui composait son stock, mais c’était peine perdue. Yardan était un adepte d’or, et s’en tenait aux Dires de Draaz. Si l’alcool n’y était pas prohibé, toute offense envers ses sens y était gravement reprochée. Il avait donc décliné dans un Arolave correct, qui n’avait plus rien à voir avec ses débuts balbutiants.

Alors qu’il terminait sa bouillie insipide, le disciple du Souffle réfléchissait. Il repensait à ces derniers jours, aux événements qui l’avaient mené à troquer sa tenue de lin contre le tabard sombre des soldats. La grande Roue avait tourné. Ce n’était pas pour rien si on lui avait remis en main cette feuille ventant les mérites de la Légion Lunaire deux semaines plus tôt, juste avant qu’il ne découvre le pic de Damasleiv. C’était écrit. Draaz présidait aux destinées, il ne faisait que suivre le chemin qu’Il lui donnait à suivre.

Par habitude, le moine exhiba le petit pendentif en bois que les Grands Ardents lui avaient confié avant son départ. Calé au creux de sa main, il laissa son regard caresser les ors cuivrés du bois laqué, songeur. Dérivant jusqu’aux confins de la Mer de Kromor, Yardan se rappela des oriflammes du Commencement. Il revit les tentures multicolores, qui flottaient au vent marin sur le parvis du Grand Temple. Il se remémora la richesse des façades sculptées, les odeurs feutrées des cônes d’encens, les offrandes devant les statues du Dieu Dragon… Il soupira. Tout cela était loin, désormais.

Regardant la pluie qui s’abattait contre les fenêtres vétustes de la taverne, il sentit pourtant sa détermination se renforcer. Non, ce n’était pour rien qu’il était ici. Et si Draaz lui rappelait combien le foyer qu’il avait quitté était majestueux, c’était pour mieux l’inciter à mener sa mission. Plus dure était l’épreuve , plus grande était l’accomplissement. Yardan serra son pendentif dans sa main, et se morigéna d’avoir douté.

Revigoré, il observa de nouveau son environnement. Ses nouveaux frères d’armes entraient les uns après les autres dans la taverne, cherchant un abri à la pluie battante. Yardan sourit. A partir d’aujourd’hui, tous ces gens étaient ses nouveaux condisciples, comme jadis les élèves de la baie des Vouivre. Yardan acceptait ce fait, résolu, car Draaz avait parlé. Certes, ces nouveaux acolytes ne connaissaient rien de la grandeur du Dieu Dragon, mais c’était là sa mission, et il devait l’accomplir.

Il détailla un instant le nain qui nettoyait méthodiquement son arbalète, essuyant ses pièces unes par une. Il lui rappelait vaguement Ardnor, l’un des instructeurs nains de l’Envol Rouge. Mais ce n’était qu’une impression, Yardan doutait fort qu’il puisse disserter avec lui des dix poses majeurs des Grands Mouvements. Un peu plus loin, un autre de ses frères de garde était fort occupé. C’était le désigné chef de l'autre manicle, et il jouait aux dés avec avidité. Une nouvelle fois, Yardan s’interrogea sur le fondement de cette pratique des peuples des terres septentrionales, car c’était là un jeu qui n’avait pas de sens pour le moine. Draaz présidait aux choses, il était donc vain de chercher à deviner Ses choix.

Quelques tables à gauche, la chef de sa manicle discutait avec entrain, le sourire au lèvres. Yardan ne savait quoi penser de ces deux jeunes femmes qui monopolisaient l’attention de tous les soldats depuis son arrivée dans ce fort isolé. La majeure parties des requérantes du Commencement ne cherchaient pas à briguer la voie martiale. Mais l’Arlovie n’était pas l’archipel des Dents de la Guivre, il l’avait déjà trop noté. Il devrait donc se forger une opinion au fil des prochains jours, comme la Voie le dictait.

Terminant son verre d’eau, Yardan fit craquer ses articulations du dos. D’ici quelques temps, il lui faudrait trouver un lieu calme, afin d’affiner comme chaque jour la pratique des Sept Commandements.
Dernière modification par Etmer_Fachronies le 13 avr. 2016, 12:45, modifié 1 fois.
Les Aigles d'Arolavie : Yardan, adepte du Dieu-Dragon - Moine de niveau 3 - PV 24/24 (3d8) - Points Ki 3/3

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Edzart
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Edzart » 13 avr. 2016, 09:12

Je soupirais en poussant la porte de l'auberge. J'étais fatigué, mais satisfait. Je n'avais jamais eu la chance ou plutôt le droit de monter un cheval. Ces créatures massives et majestueuses étaient réservées au seigneur et à ses chevaliers. Moi... Je restais dans mes livres et potions. Pourtant, j'avais monté la bestiole sans mal et avais réussi à rester en selle suffisamment longtemps pour donner le change.
Il semblait y avoir du monde, dans l'établissement. Je sentais des regards peser sur moi, mais je n'en avais cure. Qu'ils me reluquent, s'ils trouvent ça plus intéressant que la grande rousse. Moi je connaissais ma préférence. En sirotant à la choppe que m'avait servi la tenancière, je laissais mon regard balayer la salle.

Dans un coin, j'apperçu Czepble qui semblait jeter quelques coups d'œils dans la autour de lui, s'arrêtant souvent sur moi. Il était mon chef de manicle. Ce que ça sous-entendait ? Je n'en avais pas une foutue idée. Je savais cependant qu'il serait de bon ton d'éviter de me prendre en grippe avec lui. Il m'avait choisi en premier. J'en avais été étonné. Je m'attendais à ce que les deux chefs désignés se renvoient la patate chaude, incapables de décider qui allait récupérer l'informe.

Les autres ? Je ne sais pas. Dans leurs coins, l'un parlait à son chien, l'autre restait stoïque devant son verre d'eau. Mais j'allais bien voir ce qu'ils me réservaient. Je ne suis pas du genre à juger au premier regard. Ce serait un comble. La rouquine ? Plutôt mignonne... Mais... Bon. Vous voyez ce que je veux dire. L'expression "A sens unique" a été écrite pour moi.

Mon sac traînait à mes pieds. J'allais devoir me trouver un endroit où entreposer tout ça et pouvoir me servir de mon matériel.

Je soupirai et respirai un grand coup avant de m'avancer vers la table de Czepble.
"Auriez vous l'obligeance d'accepter à votre table votre dévoué serviteur, chef ? Ou le besoin de savourer encore ce grand moment qu'était votre nomination est-elle encore trop forte pour la partager ?"
Je disais ces mots en souriant, même si mon visage ne devait sembler n'être qu'une difformité moqueuse et que mes lèvres tremblottaient certainement.
Dernière modification par Edzart le 13 avr. 2016, 13:10, modifié 1 fois.
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par grayfoxliquid » 13 avr. 2016, 10:30

Les traits de Czepble se durcirent légèrement lorsqu'Aleksandr lui demanda la permission de s'assoir. Il ne pouvait s'empêcher de penser "Pourquoi il me parle comme ça ? Il se prend pour qui ? Et c'est quoi cette grimace ? Non, arrête de penser comme ça, tu as déjà eu assez de problèmes avec des malentendus. Peut-être que c'est son humour. Ou peut-être pas ? Si ! Laisse-lui sa chance. Tu l'as choisi en 1er, souviens-toi..."
Pendant qu'il menait ce débat intérieur qu'il décida de terminer plus tard, ses muscles se raidirent. Ceux qui le connaissaient le mieux auraient pu voir le rictus de sa main droite, un petit tremblement à peine perceptible qui trahissait son envie de s'emparer de sa dague, de la tenir fermement dans sa main, se sentir en sécurité. Mais il ne pouvait pas le faire. Pas ici. Trop de monde. Trop d'inconnus. Trop de risques.

Il força son sourire à apparaître, son éternel sourire, tandis que les autres traits de son visage restaient figés. Il se dit qu'il devait avoir une grimace semblable à celle d'Aleksandr en ce moment.
"Bien sûr que tu peux t'assoir, sois le bienvenu." Dit-il d'un ton faussement enjoué.

Pendant tout le temps qu'il tirait la chaise, posait sa choppe et s'asseyait, Czepble ne quittait pas Aleksandr des yeux.
Finalement il réussit à se décontracter un peu. Il ne supportait pas quand d'autres personnes étaient en position d'avantage et de par sa taille il n'était pas habitué à regarder vers le haut pour regarder ses interlocuteurs dans les yeux, ce qui le mettait mal à l'aise, sur la défensive. Il regardait Aleksandr profondément dans les yeux. Ne sachant d'abord pas lequel choisir, il se décida de regarder le droit, le plus grand.

Après avoir attendu un court instant qui semblait durer une éternité il finit par lui parler.
"Tu peux m'appeler Czep, je n'ai pas besoin de ces fioritures de "chef" et autres vouvoiements..."
Encore une fois ce silence.
" Tu sais, je ne sais pas non plus pourquoi j'ai été choisi pour mener ce groupe. Je ne suis pas le plus intelligent, pas le plus sage ni le plus âgé." Czepble se mit finalement un peu plus en arrière sur sa chaise et son visage commença enfin à prendre des traits plus naturels et réellement relaxés, bien que fatigués.
"Ce que je sais, par contre, c'est que maintenant j'ai la responsabilité de ce groupe dont tu fais partie. Et quand je regarde notre troupe..." Il jeta un regard rapide dans la taverne. "... je me dis que si nous voulons survivre, nous devons travailler ensemble. Tu es d'accord avec moi ?"

Il attendait impatiemment la réponse du défiguré. Elle allait probablement lui montrer si son intuition a été juste.
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Nailseater
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Re: [Arolavie] Chapitre 1 - La frontière

par Nailseater » 13 avr. 2016, 11:29

La chevauchée avait été rude. Etant peu habituée aux chevaux, Jasna s'était retrouvé -et sûrement pas par hasard- avec un cheval au moins aussi récalcitrant que ... Ludmilla. Elle jeta un regard à sa sœur qui ne semblait pas mieux s'en sortir. Elle pouvait l'observer râlant sur Voukol qui ne le savait pas mais devait être content de ne pas être dans sa tête.

Cela dit, tu r'sembles pas à grand chose !

Jasna était moins grande que sa soeur mais plus musclé. Elle portait ses cheveux auburn courts dans un carré mal coupé. Elle était pragmatique et les cheveux longs s'est chiant. La seule chose qu'elle aimait bien chez elle s'était ses yeux verts. Ils avaient tendance à changer en fonction du temps ou de son humeur passant du marron au vert émeraude voir au gris les jours de grisaille. On ne pouvais pas dire qu'elle était belle ni moche. Elle regardait toujours tout avec un air froid et distant et se tenait droite ne lâchant que très peu sa hache. Elle ne le faisait pas souvent exprès et ne se rendait pas vraiment compte de l'effet provoqué. De temps en temps sa soeur lui faisait la remarque " essaie de sourire au moins !" et se moquait d'elle quand elle essayait.

Les derniers jour, elle avait aidé sa sœur au mieux, lui offrant ses conseils autant qu'elle le pouvait. Jasna avait état surprise de voir Ludmilla prendre les armes. Et quand elle fût choisi chef de manicle, elle ne put s’empêcher de sourire. Ludmilla méritait ce rôle et même s'il serait difficile, elle serai pour l'épauler.

C'est en passant la porte de l'auberge qu'elle se rendit compte à quel point le mot difficile serait d'ordre. Chacun dans un coin de la salle, tous se regardant en chien de faïence ... Bah on est pas sorti ...Elle fila directement vers sa sœur qui s'était installé pour manger.

- Dis Milla, j'veux pas te donner d'ordre mais 'tain si tu veux que ça marche essaie d'attraper notre manicle te qu'on mange au moins ensemble ! On combat pas avec quelqu'un à qui on fait pas confiance ... et si on se parle pas ...

Elle n'avait pas parlé d'un ton agressif ... enfin pour elle. Elle était un peu brute mais sa sœur comprendrait. Elle observa les autres, s'installa et sorti son jeu de carte. Quand elle croisait le regard d'un de ces futur compagnons, elle levait le paquet de carte : une invitation à se joindre à elles.

Contrairement à sa sœur, elle avait l'habitude des soldats et espérait qu'un peu de discipline militaire permettrait un peu de cohésion de groupe. En attendant, quitte à ne pas se connaitre ou se faire confiance, commencer par jouer ne ferai pas de mal.
Jasna Guerrière 1 Prêtresse 2
PV : 28 Actuels : 28
Combat :
Attaque : +6
Dégâts : 1D8+4 + 1d6| 1D10 + 4 +1d6
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3 sorts mineurs
1 : Détection de la magie|Éclair traçant|Mot de guérison |Imprécation| Blessure* |Simulacre de vie*

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