Aleksandr écouta l'elfe et Gaspardin, avant de répondre en secouant la tête. ”Les choses ne sont pas aussi noires ou blanches que vous vous les figurez. Effectivement, l'esclavage n'est pas interdit, en Lothrienne. Mais comme pour toute chose, la provenance de ceux-ci va définir si oui ou non ils sont légaux... L'est ce que le roi peut taxer. Ici, ces esclaves ne le sont pas. Je pense qu'un moyen de pression est tout à fait envisageable. Non seulement ces rafles peuvent générer des troubles non désirés à la frontière, mais il ne faut pas oublier qu'en plus, ce petit seigneur, qui qu'il soit, fraude l'impôt de son roi. Autant dire que dans la situation économique actuelle de la Lothrienne, je ne donne pas cher de sa peau si la couronne l'apprend... Alors... Attendez. "
Aleksandr recula, alla tirer de son sac un étui à parchemins qu'il ouvrit avec délicatesse pour en sortir une carte de la région. Il l'étala avec douceur sur une partie sec et dure du sol, puis l'observa un instant. ”Alors. Nous sommes ici. Il faut savoir que bien que la Lothrienne serait en très bonne posture pour nous écraser dans un conflit, actuellement, cette option leur serait terriblement défavorable. L'état tente de faire tout ce qu'il peut pour faire entrer de l'argent. Il taxe tout. Certainement la raison pour laquelle cette mine existe. Celui qui la dirige s'est dit que le risque en valait la chandelle.
Ici, nous avons la frontière. Par ici, plus a l'ouest, on trouvera les maisons nobles lothriennes Boeffle, Hermelin et Falk. Au sud, les Drakenbergens. Deux… Ou peut-être trois clans nains ? Je ne sais plus exactement. Wulfstan ? Tu en saurais plus ?”
Aleksandr attendit que Wulfstan ait répondu avant de reprendre : ”Je ne pense pas qu'on puisse s'attendre à de l'aide de leur part. Bien qu'ils restent particulièrement susceptibles à l'idée d'humains pillant leurs anciens bastions, des nains encadraient les mineurs, organisant les recherches de la cité. De plus… Oui… Sacrée distance.”
Aleksandr soupira, réfléchit un instant avant de reprendre : ”Côte Arolave, c'est pareil… , il y a bien fort Ditelni, mais il y a de là encore une bonne… Trentaine de kilomètres avant la première maison noble. Ensuite, c'est Brodgorod. Mais si on va jusque là, autant aller quérir directement l'aide de notre karalievae… ”
Après s'être étiré, Aleksandr termina : ”Je pense qu'il est possible de négocier. Aller jusqu'au château. Menacer quiconque dirige cette mine de prévenir le roi de ses manquements. S'il refuse de nous rendre les citoyens Arolaves, il ne perdra pas seulement sa tête, mais ses terres seront retirées à sa famille. S'il accepte… Il pourra continuer de faire tourner son petit business illégal avec des gueux de chez lui. Pas de guerre, pas de morts.”
Ignir - JOUR 7 - Début de soirée - Le plan
Publié : 06 oct. 2017, 18:36
par Soulnight
Ignir préparait la mixture pour Ludmilla et écoutait d'une oreille attentive tout ce qui se passait. Une fois son œuvre fini, il la remis à Ludmilla qui semblait plus tendu que jamais avec cette histoire d'esclavage.
"Le plan d'Aleks pose un problème, le noblion saurait que nous venons d'Arovalie et pourra lui aussi s'en servir contre nous. Être aussi directe ne me semble pas une bonne idée. Avec les bandits dans son camps, il est en position de force numérique et pourrait en plus nous entrainer dans une guerre. Par contre si nous venions le voir en tant qu'intermédiaire du Banni qui souhaite le faire chanter comme un pinçon, on aura peut être nos chances... On ferait une pierre deux coup en cassant l'accord entre les brigands et ces boursemolle tout en préservant l'identité de la garde. "
Re: [Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière
Publié : 06 oct. 2017, 19:01
par Aeghiss
Au sud, les Drakenbergens. Deux… Ou peut-être trois clans nains ? Je ne sais plus exactement. Wulfstan ? Tu en saurais plus ?”
"Trois. Les Tunnor, les Falska et les Stolax. Les Tunnor sont renfermés sur eux-même, le seul moyen de les faire interagir avec l'extérieur c'est de leur chercher des noises. Les Falska seraient plus du genre à nous aider, mais ils ont trop de problèmes en interne en ce moment pour pouvoir nous fournir plus qu'un soutien moral. Quant aux Stolax... Pah !" Le nain cracha au sol avec une expression de dégoût. "... Rien à tirer de ces emmerdeurs !"
”Des nains encadraient les mineurs, organisant les recherches de la cité.”
Wulfstan reprit la parole pour compléter les dires d'Aleksandr une deuxième fois : "Bah, des renégats ! Ou peut-être des Stolax... Ces types sont pas nets."
Puis Ignir intervint et Wulfstan lui rétorqua, sans méchanceté mais sans plus d'aménité : "Compte pas dessus. Ça passera jamais. En outre le... baron ? n'a aucun intérêt à s'attaquer directement à l'Arolavie. Son roi n'apprécierais pas plus que pour la mine, et la différence, c'est que des mouvements de troupes, c'est pas discret."
Le nain se tourna de nouveau vers le mage : "Quant à ton plan, Aleksandr, ça peut passer... À condition d'envoyer seulement les meilleurs négociateurs et que les deux groupes soient prêts à réagir si ça se passe mal."
Re: [Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière
Publié : 06 oct. 2017, 19:24
par Edzart
"Évidement nous n'irions pas tous et ceux restés dehors serviront de garantie pour les émissaires : il faut immédiatement faire comprendre au patron de cette mine que s'ils ne sont pas sortis dans l'heure, le message pour le roi partira.
Je suis d'accord avec Wulfstan, se faire passer pour les bandits ne passera jamais. De plus... Si nous n'attaquons pas leurs mines, ils n'ont rien à reprocher à l'Arolavie et le maître des lieux ne peut pas sciemment faire appel au roi... Étant donné ses propres torts.
En revanche... Il faut effectivement que les plus habiles politiquement et les plus à l'aise en négociation s'y collent. Évidemment... Je ne serai pas de la partie...
Qu'est-ce que vous en pensez, Sergent ? "
- Terdéric -
Publié : 06 oct. 2017, 19:53
par Edzart
Terderic n'avait pas dit grand chose depuis le début des conversations. Converser, ça n'était pas exactement sa spécialité. Évidemment, il répondait à Voukoll quand celui-ci lui posait des questions, mais restait le reste du temps plus attentif qu'à tif. Aux propositions des uns et des autres, il hochait la tête, comme s'il était d'accord avec chacun. Mais celui dont il semblait boire les parles, c'était Voukoll. Le sergent l'avait accepté dans la garde. C'était plus que ce qu'il avait pu espérer et, maintenant, il espérait lui prouver qu'il avait bien fait. Malheureusement... La stratégie n'avait jamais été son fort.
JOUR 7 - Campement - Début de soirée
Publié : 06 oct. 2017, 19:59
par Iris
Voukoll avait suivi les échanges sans émettre d'avis, et semblait presque contrarié de devoir soudain parler alors qu'il pensait à autre chose ?...
" Le rendez-vous au château ça me paraît un peu foireux. Si c'était possible de les attirer à l'extérieur ce serait sans doute mieux..."
Il redevint silencieux, réfléchissant à quelque chose.
Re: [Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière
Publié : 06 oct. 2017, 20:06
par Aërys
- Vous savez m'sieur, de ce que j'en sais, c'est assez fréquent l'esclavagisme dans les deux pays et... bah vous voyez par exemple Terdéric c'était un truc plus ou moins volontaire de ce que j'ai compris. Du coup, malheureusement, on pourra pas menacer le seigneur du cru de mettre le Roi au courant. Va falloir leur rentrer dans le lard et d'ailleurs en parlant de ça, v'là le vôtre.
Après Gaspardin, Ludmilla était intervenu avec intensité. Quelque chose en elle s'exprimait comme une colère sourde et froide qui menaçait d'exploser.
Mal à l'aise, Aërys, initialement surpris par les mots et l'agacement perceptible du halfelin, tourna les talons pour aller à sa monture. Il pressa discrètement son abdomen de l'index, à la recherche de son "lard". Etait-ce une nouvelle facétie qu'on lui jouait ? Non, ça n'avait aucun sens : il n'avait et ne pouvait avoir aucun excès adipeux plus pour des raisons physiologiques que pour une hygiène de vie irréprochable.
Il prit dans ses fontes tout ce qu'il avait de comestible, exclusivement végétal, ainsi que ses dernières galettes de blé et revint vers Gaspardin pour lui donner le tout. Se baissant pour être à sa hauteur : "C'est tout ce que j'ai. Tu peux m'appeler Aërys. Cela signifie peu ou prou "Celui qui cherche" donc j'essaie de comprendre, d'apprendre... et d'aider. Pas de donner des leçons. Si tu as pu le croire, saches que c'était ta perception et non mon intention."
Puis souriant quand la grive vint se poser sur son épaule en sifflotant "Si tu es intéressé par des escargots, Eté peut chercher, c'est son alimentation préférée."
Ainsi l'esclavagisme faisait partie de la culture arolave et lothrienne. Aêrys regretta de s'être épanchée contre cette pratique. Il savait qu'il devait respecter les lois locales, aussi iniques soit-elle.
Alexsandr apporta des précisions utiles et rejoignit d'une certaine manière ce qu'Aërys avait suggéré : rappeler aux occupants du château leur vassalité. Cherchant à renflouer ses caisses de tout coté, leur reine lothrienne n'apprécierait pas cette insubordination.
"Ce que nous évoquons là n'est pas un déni de la volonté d'agir. Mais ainsi que cela a été soulevé plus tôt, il faut voir comment prévenir une escalade conséquentielle... Malgré l'absence de tabards, je comprends que votre groupe est une ramification militaire arolave. Dans le doute, avez-vous réfléchi à une explication valable si l'autorité locale vous interroge sur votre présence ?"
Au sergent, les lèvres un peu pincées : "L'heure est tardive et l'enterrement de Tauron rend sans doute la réflexion collective plus complexe."
JOUR 7 - Campement - Début de soirée
Publié : 06 oct. 2017, 20:16
par Iris
Voukoll regarda Aërys en gardant le silence, un peu comme quand Yardan expliquait quelque chose. Puis après un blanc, il répondit :
" On courrait après des brigands dans les marches, ça dérangeait pas d'être garde lunaire. C'est un peu plus la merde maintenant qu'on sait que nos villageois sont en Lothrienne, mais ça veut pas dire qu'il faille rentrer la queue entre les pattes."
Re: [Arolavie] Chapitre 1 - Garder la frontière
Publié : 06 oct. 2017, 20:56
par Aërys
La queue entre les pattes ? C'est-à-dire ? Était-ce le nom d'une stratégie arolave ?
Aërys se contenta de hocher la tête d'un air qui se voulait soucieux, conscient qu'il devait faire des efforts pour s'intégrer, même si l'ensemble de cette conversation collégiale était aussi erratique que le vol d'un papillon.
Instrospection
Publié : 06 oct. 2017, 21:06
par Casaïr
Se rendre au château pour "discuter", ménager les susceptibilités de chacun, tout ça pour ne récupérer que les villageois que nous devions retrouver ? Et les autres esclaves ? Voukoll ne pouvait pas sous-entendre de les abandonner à leur sort ? J'étais désemparée devant la scène qui se jouait. La politique ? Au diable la politique ! J'avais juste envie de hurler mais les mots étaient coincés au fond de ma gorge.
Je regardai chaque membre de notre troupe bigarrée tour à tour, essayant vainement de lire quoi que ce soit en eux qui pourrait m'aider à les convaincre de ne laisser personne derrière nous, mais je devais me faire une raison : qui ici pouvait réellement concevoir la vie en tant qu'esclaves, hormis Jasna, Terdéric et moi ? Qui pouvait seulement imaginer la vie que l'on menait, entre crainte et désespoir ? Certes, ma famille était un peu mieux traitée que ceux de la mine, mais il fallait faire avec le caractère changeant de Mirò et de sa sœur, capable de vous faire fouetter pour un rien, sans compter le patriarche -quand il était toujours vivant. Les cicatrices de mon dos me brûlèrent soudain, au point que j'aurai pu toutes les dénombrer, comme si je venais juste de les subir. Je regardai le sergent, presque implorante, songeant à ce que j'aurai dû dire en cet instant, au fait qu'on ne pouvait laisser aucun innocent dans cet enfer.
"Si je n'avais pas peur de t'abîmer, je t'aurai bien marquée au fer", avait un jour dit Mirò.
Je baissais finalement les yeux, honteuse de ne pas parvenir à m'exprimer, tremblante de colère, de tristesse. De désarroi. Ce n'était pas moi qui pouvait décider du sort de tous ces malheureux, et je n'avais aucun plan, aucune idée miraculeuse qui aurait pu apporter un début de solution. On ne m'avait pas "élevée" pour ça...